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Exercice 1

Vous lisez cet article dans un quotidien régional. Lisez le texte, puis répondez aux questions en choisissant la bonne réponse.

Article de presse

Les bibliothèques se réinventent en « troisième lieu » Il y a une dizaine d'années, la médiathèque de Saint-Aubriac ressemblait à ce que l'on imagine d'une bibliothèque : des rayonnages sévères, un silence de cathédrale, des lecteurs fidèles mais de moins en moins nombreux. Aujourd'hui, un samedi après-midi, on y croise des adolescents qui disputent un tournoi de jeux vidéo, des retraités penchés sur un atelier de généalogie, des parents qui bricolent avec leurs enfants autour d'une imprimante en trois dimensions. Le prêt de livres n'a pas disparu, mais il n'est plus l'unique raison de pousser la porte. Cette mue s'inspire d'un concept popularisé par les sociologues : celui de « troisième lieu », un espace qui n'est ni le domicile ni le travail, où l'on se rend librement pour se rencontrer, s'informer ou simplement être ensemble. Le café, le club sportif ou le centre social en sont des exemples. Les bibliothécaires de la région ont compris qu'ils pouvaient occuper cette place, à condition d'accepter de bousculer leurs habitudes. Concrètement, cela passe d'abord par les horaires. La médiathèque ouvre désormais le dimanche et jusqu'à vingt-deux heures trois soirs par semaine, au moment où les actifs sont enfin disponibles. Cela passe aussi par l'aménagement : fauteuils déplaçables, cabines pour travailler en visioconférence, coin de lecture pour les tout-petits, cuisine ouverte au public. « Nous avons supprimé les panneaux d'interdiction, raconte la directrice. Les gens boivent un café en lisant, et nous n'avons pas vu une seule page tachée. » Les chiffres lui donnent raison : la fréquentation a progressé de quarante pour cent en quatre ans, et surtout, le public s'est rajeuni. Les personnes qui n'avaient jamais emprunté un ouvrage viennent désormais pour une activité, puis, de fil en aiguille, repartent avec un roman sous le bras. Plusieurs études menées dans d'autres villes confirment cet effet d'entraînement. Tout le monde n'applaudit pas pour autant. Certains lecteurs historiques regrettent le calme d'autrefois et se plaignent du bruit lors des ateliers. D'autres, plus radicaux, craignent que la mission première de l'institution, la promotion de la lecture, ne soit diluée dans une offre de loisirs que d'autres structures proposent déjà. La directrice écarte l'objection : « Nous n'avons pas cessé de défendre le livre. Nous avons simplement cessé de l'attendre derrière un comptoir. » Pour apaiser les tensions, elle a créé des espaces distincts, l'étage supérieur restant réservé au silence. Reste la question des moyens. Transformer un lieu coûte cher, et élargir les horaires suppose davantage de personnel. Or les budgets culturels des communes comptent parmi les premiers à être rabotés en période de restriction. À Saint-Aubriac, le projet n'a vu le jour que grâce à une subvention régionale et à l'engagement d'une trentaine de bénévoles, qui assurent l'accueil du dimanche. Les syndicats de bibliothécaires, eux, tiennent à rappeler que le bénévolat ne saurait remplacer des postes qualifiés. Pourtant, les municipalités qui hésitaient encore regardent l'exemple avec attention. Dans un contexte où les lieux de sociabilité gratuits se raréfient, une bibliothèque ouverte à tous, sans obligation de consommer, apparaît comme une ressource rare. Un élu d'une commune voisine l'admet volontiers : « On pensait construire un équipement culturel ; en réalité, on a retrouvé une place de village. » Il est encore trop tôt pour mesurer l'impact durable de cette transformation sur les pratiques de lecture. Mais à Saint-Aubriac, une chose est sûre : le silence n'est plus le principal critère de réussite d'une bibliothèque.

  1. 1. Quel est le thème central de l'article ?

  2. 2. Que désigne l'expression « troisième lieu » ?

  3. 3. Quelle modification concerne les horaires de la médiathèque ?

  4. 4. Que veut montrer la directrice avec l'exemple du café et des pages tachées ?

  5. 5. Quel effet les activités ont-elles sur les nouveaux publics ?

  6. 6. Quelle crainte exprime une partie des lecteurs historiques ?

  7. 7. Que signifie « rabotés » dans la phrase « les budgets culturels [...] comptent parmi les premiers à être rabotés » ?

  8. 8. Que pense l'auteur de l'article du bénévolat dans ce projet ?